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La laque
par Alain Blaisot, restaurateur de
laques anciennes DescriptionC'est en Chine que l'on trouve les premières utilisations de la laque, près de 1000 ans avant J-C. La présence de la laque est attestée ensuite au Japon vers le VIe siècle. La laque est une résine extraite d'un arbre appelé "l'arbre à laque" (il en existe plusieurs variétés). Elle est appliquée en plusieurs couches, parfois plusieurs dizaines, sur des fonds généralement apprêtés. Sa beauté vient de son effet de profondeur dû à une légère translucidité. Dans le cas par exemple d'une laque noire avec des transparences rouge profond, l'effet provient d'apprêts d'oxyde jaune visibles à travers les couches de laque qui ne sont pas à proprement parler noires mais plutôt brunes - rouges translucides. Deux petites boites de fabrication chinoise milieu et fin XIX :
Techniques et procédésL'aspect lisse et agréable au toucher est obtenu grâce à de multiples ponçages qui se font à l'eau . On peut encore aujourd'hui visiter des ateliers au Vietnam où l'on voit comment s'opérait le ponçage : au milieu de l'atelier se trouve une sorte de bassin. Les ouvriers sont assis sur de petits tabourets, les pieds dans l'eau, et poncent les objets. Des pierres lisses étaient autrefois utilisées pour le ponçage.
La "vraie" laque dite aussi "laque végétale" est peu ou pas utilisée en Europe, que ce soit en restauration ou en création. On utilise à sa place des vernis gras (phormophénolique). La laque végétale cause des allergies. Il faut donc porter des gants et un masque lors de son application. Plus anciennement on utilisait les fameux vernis Martin. Le vernis Martin
Il y eut au XVIIIe siècle de
nombreuses importations de laques japonaises ou chinoises. On récupérait
les panneaux pour les encastrer dans les créations de l'époque, commodes,
bureaux etc. La laque fut tellement appréciée que l'on
chercha vite un moyen d'imiter cette matière d'où l'invention du vernis
Martin. Décors
Il existe une
multitude de techniques et même d'écoles tant en Chine qu'au Japon. Les
différences entre ateliers portent sur les sujets aussi bien que sur les techniques
employées. La laque peut être
gravée, décorée à l'or ou à l'argent ou incrustée de toutes sortes de
matières. Pigments : l'encre de ChineLa plupart des sujets faits en plein à la feuille d'or sont détaillés à l'encre de Chine ; ainsi dans un visage les cheveux, les yeux, la bouche, le nez sont-ils soulignés au pinceau. A ce sujet il est intéressant de noter que souvent lorsque l'on regarde une laque ancienne, on voit un décor assez usé où l'assiette transparaît ; tous les détails semblent avoir été peints à l'or... en fait à l'origine ces détails ont été réalisés à l'encre de Chine et l'or, à ces endroits, a simplement été protégé de l'usure ! L'effet en est souvent splendide, quoiqu'à l'origine l'œuvre ait été toute différente. Dans le même ordre d'idée les couleurs ont souvent pris une patine importante et étaient bien plus vives à la création de l'objet. VolumesTrès souvent les décors sont faits en volume au moyen de l'accumulation de plusieurs couches successives finalement dorées. Incrustations
Laques gravées : CoromandelIl existe bien des sortes de gravures sur laque, mais la plus importante (du moins par le nombre) que l'on peut trouver en Europe est celle que l'on désigne sous l'appellation de "Coromandel" ou "laque de Coromandel". Ce nom vient en fait des bateaux de la Compagnie des Indes dont les comptoirs étaient à Coromandel (je ne sais s'ils faisaient escale à Coromandel en venant de Chine ou s'ils stockaient les laques dans ces entrepôts, ou si les Chinois livraient directement dans ces entrepôts). Ces laques sont pour la plupart des paravents. La couleur de la laque va du brun jusqu'à un brun-rouge-noir. Elle est appliquée sur des apprêts blancs assez épais (5 mm environ). La laque est gravée avec des fers à reparure de différentes largeurs, de grandes surfaces sont mêmes dégagées, on colore enfin avec des pigments les blancs des panneaux.
Conservation
La laque est un matériau
assez fragile
Exemples de restauration
Une grande partie des volumes avait disparue. On voit ici la restauration des volumes par application de plusieurs couches de colle de peau (colle de peau et blanc de Meudon) au pinceau
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