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des rouges
Rouge cerise, rouge sombre, rouge sang, rouge vif... le rouge est la couleur par excellence ; dans de nombreuses langues il est synonyme de coloré ou de beau (en langue russe). C'est la couleur du signal, de la marque (corriger au stylo rouge). C'est la couleur du danger et de l'interdiction ; dans la signalisation routière le rouge est un danger, les médicaments inscrits en rouge (ne pas dépasser la dose prescrite). C'est la couleur de la passion, de la séduction (rouge à lèvres). C'est la couleur de la fête, du luxe (couleur la plus noble au Moyen Age), le pourpre antique, couleur impériale. C'est la couleur du feu (les pompiers, les bornes à incendies, les flammes de l'enfer… du cinabre au vermillonLe cinabre, un sulfure de mercure naturel, est un des pigments rouges les plus anciennement connus et d'un rouge éclatant. Il est sans doute un des pigments plus onéreux sous l'Antiquité romaine ; Pline nous dit qu'il coûte aussi cher que le bleu d'Alexandrie soit quinze fois l'ocre rouge d'Afrique. Le minerai provient d'Almaden en Espagne, puis est transporté sous bonne garde et traité à Rome. Il faut le purifier et l'amener à une granulométrie idéale pour atteindre le rouge vif. On peut encore en voir l'éclat dans les fresques romaines de la Villa des Mystères à Pompéi où il est utilisé en peinture de fond malgré son prix. Ce colorant présente le risque de virer au noir dans certaines conditions d'exposition. Vitruve conseille d'enduire la fresque de cire pour éviter ce phénomène d'assombrissement.
Le vermillon remplace en peinture le cinabre trop coûteux et rare. Sa préparation est connue très tôt en Chine et sans doute transmise en Occident par les Arabes au VIII° siècle. Il est très employé au Moyen Age dans l'enluminure. pour sa préparation, les Chinois combinaient le mercure et le soufre en fusion ; plus tard les Allemands du XVIII° siècle vont obtenir un vermillon sensiblement identique en mélangeant le soufre et le mercure dans l'eau. Il est très opaque, très couvrant et possède un indice de réfraction important. Son inconvénient majeur : être instable sans protection de vernis, cire ou de verre comme le cinabre. Ces défauts lui feront préférer les rouges de cadmium par les peintres au début du XX° siècle. la garanceSon nom garance signifie fiabilité : elle est la garantie d'un résultat durable. La garance est une herbe, Rubia tinctorium, cultivée dans de nombreuses régions de France (Nord, Normandie, Languedoc), en Espagne, en Provence… Sa racine contient plusieurs colorants rouges et jaunes. Séchée et broyée au moulin, elle donne une pâte ou une poudre, la garancine qui constitue la forme marchande. Mordancée à l'alun (ajout d'un mordant qui contribue à la fixation du pigment sur le support), la garance fournit un rouge vif très prisé au Moyen Age pour les vêtements. Pour l'usage des peintres, on fabrique la laque de garance, appelée aussi carmin de garance. La laque est une poudre minérale teinte par un colorant. Cette plante tinctoriale fait l'objet d'un commerce organisé depuis l'Antiquité et contribue à la prospérité de régions entières. Les Romains l'utilise à Pompéi mais aussi à Vaison-la-Romaine pour l'exécution de fresques murales. Aux XVIII° et XIX° siècles, la culture de la garance est introduite en Vaucluse : les moulins à garance se multiplient, la qualité du produit s'affine car on sépare mieux la partie corticale du reste de la racine qui ne teint pas en rouge. Les produits du Vaucluse sont alors primés à l'Exposition Universelle de 1855. En 1860, le Vaucluse produit près de 50% de la production mondiale de garance ! Cependant la culture abusive épuise les sols, les fraudes se multiplient, des producteurs peu scrupuleux mélangent des ocres avec des briques pilées... La production s'effondre définitivement quand on découvre en 1869 l'alizarine artificielle. l'alizarineL'alizarine de synthèse part à l'assaut de la garance lorsqu'en 1869 les chimistes de BASF découvrent la structure chimique de l'alizarine, principal colorant de la garance. Elle est alors fabriquée par de grandes firmes allemandes ruinant ainsi en peu de temps la culture traditionnelle de la garance de France et de Hollande. le carminle vocable s'applique à deux matières colorantes rouges de
constitutions chimiques voisines obtenues à partir de deux sortes
d'insectes : le kermès et la cochenille. Le kermès, petit chêne
épineux de la garrigue (rarement plus d'un mètre de haut), est à
l'origine de l'une des plus anciennes teintures de la région
méditerranéenne. La plus grande richesse de cet arbuste vient d'un
insecte parasite, une cochenille, le vermillon "kermes vermillo".
Les mots "carmin" et "cramoisi" dérivés de
kermès, évoquent aussi les nuances que l'on peut en tirer. Aux
XVII° et XVIII° siècle la cochenille du kermès constitua une
manne pour la Provence et le Languedoc grâce à des récoltes
providentielles. A partir de la découverte du Nouveau Monde,
l'usage de la cochenille du cactus nopal mit fin au ramassage de
celle du chêne des garrigues. Les Espagnols ont vite compris
l'intérêt de son exploitation car : les rouges azoïquesEn 1878, Roussin, pharmacien à Paris, obtient un colorant rouge azoïque sans déposer de brevet. Hofmann analyse le colorant et lance des rouges ponceau et écarlate bon marché qui évincent les coûteux rouges de cochenille. les rouges cadmiumCe sont des sulfoséléniures de cadmium. Leur découverte date du début XIX° siècle pour la gamme des jaunes plus tardivement pour la gamme des rouges. De nombreuses qualités sont appréciées par les peintres : une grande vivacité, une très bonne solidité à la lumière et aux intempéries, une bonne miscibilité avec les autres couleurs.
le pourpreD'un coût extravagant et d'une rare beauté ; le pourpre provient de mollusques méditerranéens appartenant à la famille des murex. Il en faut 10000 pour obtenir un gramme de colorant. Les teintes varient avec l'espèce de mollusque et la manière de mener les bains. Les empereurs romains se réserveront le port exclusif des vêtements teints en pourpre. Depuis l'Antiquité, on mêle la cochenille à la pourpre de Tyr pour abaisser les coûts. Mais avec la chute de Byzance, la pourpre antique disparaît en Occident : le pape décide en 1467 que les robes des cardinaux seront désormais teintes à la cochenille. quelques expressions...être dans le rouge : situation alarmante d'une affaire en
déficit références bibliographiquesLes
matériaux de la couleur, Regards
croisés sur la couleur du Moyen Age au XX° siècle, Techné
4, Bibliographie
de la couleur, Des
liants et des couleurs, autres articles sur les couleurs à consulter sur le site
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