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Restauration d’un coffre mexicain
Un exemple de restauration d'un joli coffre en bois du XIXème siècle.
1/ L’état du coffre et son histoire
Il s’agit d’un coffre apprêté et peint à l’huile qui a subi de nombreuses dégradations sur toutes ses faces extérieures. Seul l’intérieur est relativement intact. Le couvercle bombé a été le plus touché : le bois est apparent sur la majeure partie de la surface et la peinture s’écaille au toucher. Toutes les faces sont décorées à l’exception du pan arrière simplement badigeonné de rouge. Avant de nettoyer le coffre j’ai fait un inventaire des motifs, des frises et de tous les indices qui me permettraient de le dater. Je savais déjà qu’il provenait du Mexique selon les propriétaires. Sur le couvercle divisé en trois parties du fait de son aspect bombé, j’ai pu deviner un premier motif peu visible et en poursuite de dégradation : un aigle reposant sur un nopal (figuier de barbarie) et tenant dans son bec un serpent. De part et d’autre de cet aigle, deux bannières croisées qui reprennent le drapeau du Mexique (vert, blanc, rouge). J’avais envie d’en savoir plus sur ce pays et ce coffre. J’appris rapidement que l’association aigle + nopal + serpent est l’emblème du Mexique, visible sur le drapeau national actuel. Ce motif recouvre tout l’intérieur du couvercle, signifiant encore plus l’origine de ce coffre. La nation mexicaine avait choisi un drapeau à trois bandes (vert, blanc, rouge) lors de son indépendance en 1821. L’emblème n’a été ajouté de façon définitive qu’à partir de 1823 sur le drapeau. Or les drapeaux de ce coffre n’avaient d’emblème. Ce coffre avait donc une histoire et je pouvais rêver de le dater assez précisément entre 1821 et 1823, entre l’indépendance et l’apposition de l’emblème sur le drapeau. 2/ Les choix de restaurationLe choix a été de restaurer les motifs, le plus possible, afin de rendre au coffre le côté frais et naïf des objets de tradition populaire, ainsi que son intérieur le montrait. Le décor a été conçu de façon très symétrique : les mêmes frises se retrouvaient aux mêmes endroits encadrant ainsi les grappes florales, le paysage urbain et les scènes historiées. Je n’avais, pour ainsi dire, aucune amplitude d’interprétation dans la remise en état du décor. Il me suffisait de reprendre avec patience les manques très nombreux. Tant mieux, je n’avais qu’à me laisser guider et agir techniquement. 3/ Les principes techniquesLes recettes utilisées pour cette restauration sont disponibles sur le site du meuble peint : http://www.meublepeint.com/colle_de_peau.htm pour trouver la recette de la colle de peau du Site du Meuble Peint http://www.meublepeint.com/finitions.htm pour réaliser des patines à la cire Les divers produits peuvent être achetés sur la boutique du site en www.beaux-arts.eu.com.
Le principe a été de restaurer face par face afin de garder le maximum d’informations sur le rendu des matières, les couleurs et leurs tonalités et l’organisation du décor. Première étape : relever tous les motifs sur papier calque puis faire tomber au fur et à mesure ce qui doit tomber, dépoussiérer et nettoyer. Deuxième étape : mise en œuvre de l’apprêtage et coloration des motifs face par face. Troisième étape : le vieillissement à la laine d’acier de certains endroits nouvellement peints et patine de l’ensemble.
4/ La frise de la face, un exemple de restauration
5/ Etat après restauration du coffre mexicain
Dernière modification : septembre 2006
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