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L'horloge Comtoise
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Selon le Guide du meuble régional,
Yves Gairaud et Françoise de Perthuis, Edition haves, Paris, 1987 : |
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Le berceau de la "Comtoise" est le pays de Franche-Comté et plus spécialement autour de Besançon, Morez, Morbier et Foncine. Certains pensent que l'horlogerie aurait été introduite dans le Jura dès le XVI° siècle par des familles catholiques du canton de Vaux fuyant les persécutions protestantes. A la fin du XVIII°siècle, Besançon était considérée comme la capitale de l'horlogerie. A la même époque, le département du Doubs comptait déjà 48 fabriques d'horloges et 150 horlogers. Le production culminera dans la seconde moitié du XIX° siècle.
Les jolies caisses dhorloges comtoises anciennes, en sapin - car l'épicea était particulièrement abondant dans les forêts du Jura-, étaient peintes et décorées à la main, suivant une technique unique au monde. Jadis pendant près dun siècle, cette tradition étonnante était mise en oeuvre par quelques individus seulement : paysans-artisans du Jura principalement qui sétaient sans doute inspirés dartistes ambulants, récoltant peut-être les recettes de-ci de-là. Les premiers décors présentent des similitudes avec ceux réalisés en Alsace et dans les pays de lEst. Mais surtout les Jurassiens ont eu le génie dutiliser les fruits de lhistoire du meuble peint, en passant par la marqueterie, pour élaborer une technique qui leur est propre. (Cette résultante est également valable en ce qui concerne la fabrication du mécanisme qui fut le fruit dune observation ingénieuse des progrès successifs de lhorlogerie). Ce savoir était transmis uniquement de façon orale, dune génération à lautre. Avec la fin de cette activité créatrice, depuis le début de notre siècle, aussi incroyable que cela puisse paraître, une tradition typiquement française a totalement disparu.
Le bois recevait plusieurs couches de peintures dont la première, très épaisse, constituait l'apprêt à base d'argile, de kaolin ou de plâtre. Les couches de peinture faites dextraits végétaux, minéraux et autres ingrédients, permettaient de donner à lensemble lapparence du bois de marqueterie : les mouvements du pinceau, les applications, parfois même une peinture à pleine main, visaient à recréer les ronces, les veines ou les nuds d'un bois plus riche que le sapin.
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Exemple de décors : |
Un des principes techniques de l'horloge comtoise consistait à graver à main levée sur le bois les décors de volutes, d'arabesques, épis de blé dans la peinture encore fraîche. Toutes les couches se séparaient du support en un seul mouvement. Ainsi, le bois plus clair du sapin apparaissait, contrastant aux endroits où la peinture plus foncée étaient enlevée. Ici, le bois nest pas uniquement un support mais est utilisé et mis à profit de façon optimale : il devient un allié et par corollaire partie intégrante du décor. On parle de "marqueterie du pauvre".
D'une manière générale, les filets gravés, les volutes et autres arabesques n'étaient jamais peints. La couleur à l'uf ou à la colle était appliquée en remplissant les creux des décors de fleurs.
On utilisait que très rarement des calibres ; ceux-ci servaient à la stricte réalisation des ovales ou des médaillons du bas de la gaine.
Charges, liants, pigments et vernis constituent les ingrédients du décor.
Charges, enduits pour apprêter le bois : argile, kaolin, plâtre, blanc minéral, quartz.
Liants pour permettre l'adhérence des pigments et des charges : blanc d'uf, jaune d'uf, huile de lin, caséine, colle de peau ou de nerf, gomme arabique.
Les pigments pour le décor : blanc de zinc, blanc d'argent, de céruse, noir de fumée, d'os ou de Cassel, jaune d'ocre, terre de Sienne, terre d'ombre, ocre rouge, rouge de mars, de cinabre, de cochenille, bleu de Prusse, d'Anvers, de cobalt, outremer, vert de chrome, de titane, de montagne pour les principaux.
Les vernis pour assurer la protection finale : copal, dammar, gomme laque.
Méprisés très souvent pour avoir été "industrialisés", les décors sont pourtant, dans la plupart des cas, des chefs-duvres. Lartisan paysan qui soccupait de la décoration et qui faisait 6 à 7 décorations de comtoises par jour finissait par avoir loeil spécialement exercé. Aucun gabarit ne permettait de répéter et de multiplier des combinaisons darabesques. Les boîtiers étant tous plus ou moins construits dans les mêmes proportions. Les artisans étaient passés maîtres, en un siècle de pratique, dans la diversification des combinaisons de volutes et de motifs floraux. Tous les décors étaient réalisés à main levée suivant linspiration du moment dans la plupart des cas : toutes les arabesques dapparence symétrique, après vérification, démontrent des irrégularités flagrantes qui pourtant ne choquent pas au regard. Les erreurs étaient très difficiles à corriger par la suite... Il est amusant de constater aussi sur certains effets de faux-bois des empreintes digitales, trahissant sans contestation un travail...fait main !
Les premiers décors comportaient de nombreuses similitudes avec ceux réalisés en Alsace et dans les pays de l'Est.
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Les représentations végétales constituaient la principale source d'inspiration : on trouve de nombreux bouquets fleuris avec roses et épis de blé dans les médaillons du soubassement. La gravure des fleurs laissait place dans certains cas à un travail au pinceau avec des couleurs plus généreuses sans toujours tenir compte des limites gravées.
Bouquet fleuri avec rose
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A la fin du XIX° siècle la possibilité d'intégrer une image dans le médaillon apparaît. Souvent une image d'Epinal, une chromolithographie ou simplement la couverture en couleur d'un magazine de l'époque. Collée et décorée tout autour selon l'inspiration de l'artiste puis vernie cette image donnait l'impression d'un meuble raffiné. |
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