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La lumière, la couleur,
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violet |
vers
3800/4000 Angström |
b/ l'il est le plus sensible à
la radiation jaune-vert ; que l'on aille vers le violet ou le rouge, en quittant les
radiations jaune-vert, sa sensibilité diminue, et, avec, sa capacité d'analyser les
couleurs qui lui sont soumises. La "mise au point" se fait sur la radiation
jaune-vert.
C'est pourquoi les publicités vert fluo se multiplient malheureusement dans nos
rues !
c/ Chacun ne voit pas tout à fait les mêmes couleurs que le voisin (de la même façon qu'il y a des individus de toutes les tailles) ; le daltonisme, uniquement chez les hommes, annule même la sensation du rouge, plus rarement du vert, très exceptionnellement du bleu.
d/ L'effet Purkinje :
lorsque l'intensité de la radiation diminue, la sensibilité de l'il pour le
rouge diminue en premier, puis finit par s'effacer, suivie par celle pour le jaune.
Simultanément la sensibilité maximale se déplace vers le bleu. Cette modification fait
qu'au clair de lune toute coloration disparaît, l'il ne percevant plus qu'un gris
bleuté, alors qu'en réalité la proportion de radiations rouges est plus élevée dans
la lumière lunaire que dans la lumière solaire. De plus, lil s'accommodant
assez mal pour la lumière bleue, l'acuité visuelle diminue, si bien que la perception
perd de sa netteté linéaire.
e/ L'effet Bezold-Brücke :
Inversement, lorsque l'intensité s'accroît considérablement, ce qui est le cas
en plein soleil en été, la sensation colorée se restreint ; le rouge et le vert se
confondent avec le jaune, le bleu-vert et le violet avec le bleu clair; de plus, les
teintes résiduelles perdent leur saturation (c'est à dire apparaissent mêlées à de la
lumière blanche). Cet effet explique l'appauvrissement notable des sensations colorées
dans les grandes lumières solaires.
Sur la rétine, nous disposons de
trois capteurs sélectifs, qui ont leur maximum respectif pour la lumière bleue (4400
Angström), pour la lumière verte (5350), pour la lumière jaune-orangée (5750). La
sensation de couleurs est réalisée par l'addition des impressions recueillies par les
capteurs.
Cette sensation peut être altérée par la fatigue passagère d'un des types de
capteurs (contraste successif), par la proximité d'une plage de couleur environnante à
un objet qu'on regarde (contraste simultané), par la diminution de l'intensité lumineuse
qui n'altère pas également les performances des trois sortes de capteurs (effet
Purkinje) ou par la fatigue de tous les capteurs dans une lumière trop forte (effet
Bezold-Brücke).
Le vocabulaire est usuel ; par rapport aux explications scientifiques, il n'a pas toujours de fondement :
COULEUR : qualité d'une matière
(bleu, jaune, rouge, vert, violet, orange...) qui est sur, par exemple, une photographie.
VALEUR : assombrissement ou éclaircissement d'une couleur donnée : ce que
donne la couleur sur la même photographie en noir et blanc.
CONTRASTE DE COULEURS : juxtaposition de couleurs opposées sur le cercle
chromatique.
CONTRASTES DE VALEURS : juxtaposition de valeurs opposées sur l'échelle des
blancs et des noirs.
L'impression de lumière blanche est obtenue, pour notre il, lorsqu'il capte toute les couleurs de l'arc-en-ciel confondues. A ce moment, tous les capteurs de notre il sont sollicités, et nous avons l'impression de lumière blanche. On dit que la lumière blanche est l'addition de toutes les couleurs.
Lorsqu'un objet est présenté à la
lumière blanche, il est frappé à la fois par toutes les radiations lumineuses (bleues,
rouges, jaunes...) qui la constituent.
Cet objet, de par sa nature physique, peut absorber certaines de ces radiations, et
réfléchir les autres, qui n'ont pas réussi à y pénétrer. Ainsi l'encre rouge est un
corps qui absorbe à peu près toute la lumière sauf les radiations rouges. Les
radiations rouges rebondissent à la surface de l'encre et viennent frapper notre
il, qui a l'impression donc que l'encre est rouge, puisqu'elle ne ré émet que du
rouge. On dit que la couleur des objets est obtenue par soustraction.
Peu de corps réémettent toute la lumière qui les a touchés : la neige et
un morceau de craie très blanche sont de ceux-là.
Très rares aussi sont les corps qui absorbent la totalité de la lumière ;
c'est le cas du feutre noir qui représente un des noirs les plus intenses que nous
connaissions sur terre. Il ne renvoie à peu près rien à l'il, et on ne le voit
que par comparaison à l'environnement qui est plus lumineux.
a/ couleurs complémentaires :
Les capteurs de l'il sont réglés pour percevoir la totalité de la lumière
blanche. Si l'il est soumis assez longtemps à un type de radiation particulier (une
couleur particulière), sa sensibilité à ce type de radiation finit par s'émousser, et
il devient particulièrement réceptif à la couleur complémentaire pour laquelle sa
sensibilité n'a pas été sollicitée :
par exemple, si je regarde longuement du bleu, ma capacité à percevoir le bleu
s'émousse (mes capteurs se fatiguent) et un orange qu'on me présentera me paraîtra
très vif.
A cause de ce phénomène de fatigue visuelle, on dit que deux couleurs sont
complémentaires lorsque leur addition donne la lumière blanche.
b/ utilisation des complémentaires :
Pour attirer l'il sur un document, un endroit particulier d'une surface
colorée, on utilise le contraste simultané qui consiste à juxtaposer deux couleurs
complémentaires. Le passage rapide d'une couleur à l'autre crée pour le regard un
véritable choc : à peine un type de capteurs est-il fatigué que l'autre est sollicité
brutalement.
Citons trois contrastes simultanés de couleurs complémentaires (il y en a une
infinité sur le cercle chromatique) :
la juxtaposition du jaune au violet, la juxtaposition du vert au rouge, la
juxtaposition du bleu à l'orange.
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Le Cercle des Couleurs |
Une autre utilisation peut-être faite des couleurs complémentaires : il s'agit du contraste successif, qui consiste à présenter à un observateur une couleur unie qui engendre chez lui une fatigue visuelle des capteurs concernés. Lorsque la fatigue est établie, on lui présente un objet dont la perception ne peut plus se faire qu'avec les capteurs encore valides. Il perçoit l'objet dans la couleur de la teinte complémentaire à celle avec laquelle on a fatigué son il. (un exemple que nous avons tous subi : on roule sous un tunnel éclairé avec des lampes oranges ; en sortie de tunnel, et pendant une quinzaine de secondes, tout le paysage nous apparaît complètement bleu). Appliqué au meuble peint : faites donc un meuble orange vif, laissez-le admirer un certain temps, et lorsque les capteurs des yeux de vos amateurs ne seront plus capables que d'analyser du bleu, ouvrez le meuble et laissez les contempler l'intérieur magnifiquement bleu que vous avez conçu pour eux. L'effet sera saisissant. Jamais un bleu ne leur sera apparu aussi riche !
Historiquement, les premières
représentations de la profondeur n'ont été réalisées qu'à la fin du XIIIème siècle
par Giotto, et ne furent systématisées qu'à la Renaissance (XVème), les artistes de la
Renaissance étant très rationalistes (Apparition du système du cadre perspectif).
L'apogée scientifique de la mise en place de la perspective est l'invention en
1765 de la géométrie descriptive par Monge ; il la définit comme l'art de
représenter sur une feuille de papier qui n'a que deux dimensions les objets qui en ont
trois et qui sont susceptibles d'une définition rigoureuse.
Résumé des principes :
a/ L'horizon est à la hauteur de l'il de l'observateur.
b/ Toutes les lignes perpendiculaires à l'horizon semblent converger au loin en un
point unique, appelé point de fuite.
c/ Le point de fuite est à l'intersection de l'horizon et du regard de
l'observateur, porté droit devant lui.
d/ Toutes les lignes parallèles convergent en un même point.
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Exemple Notez également le bleuissement et la diminution des contrastes
dus à l'éloignement. |
les capteurs au fond de notre
il ne sont pas rangés sur un même plan. L'accommodement se fait sur les capteurs
oranges, et les autres couleurs apparaissent plus ou moins proches :
Le rouge apparaît plus proche de nous ; le bleu apparaît plus loin. Des raisons
sentimentales s'accrochent à ces raisons physiologiques : le rouge est la couleur du
sang, de la peau, du foyer, c'est à dire de ce qui est proche et réchauffe ; le bleu est
la couleur des lointains, du froid, de l'hiver, c'est à dire de ce qui est loin et
refroidi.
a/ Lorsqu'on regarde un paysage, la quantité d'air (légèrement bleuté) qu'il y
a entre nous et l'objet d'observation augmente. Plus il est loin et plus l'objet est
bleuté.
b/ De la même façon, les contrastes de couleurs diminuent à mesure qu'on
s'éloigne vers l'horizon, subissant l'effet de ce filtre bleuté.
Sur une photographie noir et blanc,
plus l'objet est loin, et plus ses contrastes de gris deviennent doux. A l'horizon, tout
est gris clair, et les objets se fondent les uns dans les autres.
Ainsi, et même dans une composition arbitraire, non figurative, on peut se servir
de ces effets d'éloignement pour hiérarchiser l'importance de différents éléments
entre eux : l'élément le plus important sera décrit comme l'élément le plus
proche ; il occupera la plus grande place (effet perspectif) avec des couleurs
chaudes (proximité physiologique et psychologique), et comportera des contrastes de
tonalité ou de couleurs violents. Bien que nous soyons dans le non-figuratif,
lil et le cerveau continuent de raisonner par rapport à la réalité
physiologique !
Art de la couleur de Johannes ITTEN
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