L'Acanthe
par Catherine AUGUSTE
ancienne élève des Beaux-Arts de Paris
Depuis l'Antiquité, l'acanthe est
largement présente dans l'art décoratif, le plus souvent pour agrémenter un ornement
principal. Ce long passage au travers des siècles est, en partie, dû à la très forte
plasticité qu'offre ce motif : réaliste celui-ci peut se développer en feuilles
rampantes qui animent de longs rinceaux illimités, devenant alors fortement
méconnaissable. Elle a été une source d'inspiration multiple dans toutes les formes
d'art, on la découvre aussi bien dans les enluminures carolingienne que dans un portrait
de la Marquise de Maintenon par Mignard, le portail de l'église de Mantoue par Alberti ou
les armoires d'Uzès.
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Le terme " acanthe ",
déjà présent sous l'Antiquité romaine, provient de la ressemblance du motif avec les
plantes méditerranéennes "acanthus spinosus" et "acanthus mollis".
Mais pour certains historiens, le motif décoratif ne proviendrait pas d'une imitation de
la nature mais bien plutôt d'une interprétation de la feuille de palmette et de sa
stylisation.
Toujours est-il que dans l'ornementation, l'acanthe est
représentée par une feuille aux limbes découpés dont les
nervures se rejoignent parfois à la base et dont le bord peut
être lobé ou denté.
On la trouve :
- parfois isolée pour souligner la forme d'un objet,
- sous forme de suite,
- allongée en rinceaux sinueux où les feuilles s'enlacent dans
les tiges,
- en rosette, quelquefois surmontée d'un calice ou d'un
grotesque.
L'acanthe intervient souvent pour subdiviser une ornementation
verticalement ou horizontalement ou lier des éléments.
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Qui n'a pas vu un chapiteau
corinthien dans ces immenses musées lapidaires, sur nos monuments ou nos livres
d'histoire ?

Cet ordre architectural de
l'Antiquité grecque se caractérise par son omniprésence : plusieurs rangées de
feuilles d'acanthe, de volutes et de petites fleurs. Quelques colonnes d'Athènes
transportées à Rome au 1er siècle av. JC contribueront à lui accorder un triomphe
absolu.
Le décor va évoluer car soucieux d'apparat, les Romains vont charger les rinceaux, les
feuilles vont se chevaucher. L'acanthe finit par décorer de nombreux pans des édifices
romains.
Tout au long des siècles, elle subira des phases de dégraissage et d'exagération :
- Style byzantin : elle retourne à une forme de palmette ornant des rinceaux plutôt
rigides,
- Au XIVe siècle gothique : formes grimpante et rampante avec d'énormes enroulements de
feuillages,
- A la Renaissance italienne : la feuille s'orne de motifs d'animaux ou figurés. Le
grotesque va prendre le dessus.
- A l'époque baroque (XVIIe siècle) : l'acanthe triomphe à nouveau. On la retrouve dans
les motifs de marqueterie de André-Charles Boulle, dans les dessins de Androuet du
Cerceau ou de Jean Le Pautre dont s'est inspirée toute la décoration de l'époque. Elle
a envahi tous les arts décoratifs : tissus, grilles, stucs, orfèvrerie
- Les XIXe et le XXe siècles sonneront son glas. La tendance s'oriente davantage
vers des formes plus géométriques auxquelles la feuille d'acanthe ne se prête guère.
C/ Quelques motifs
pour vos meubles
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